Sommes nous à la veille du pire krach boursier de notre histoire

Sommes nous à la veille du pire krach boursier de notre histoire

Martin Armstrong a prévu, de façon étonnamment précise le crack boursier de 1987. Et dans un article de novembre 2014, le site Stichting International Documentary Filfestival Amsterdam (https://www.idfa.nl/en/article/28514/the-forecaster) à propos du film « The Forecaster » parle de la prévision de Marting Armstrong d’une crise des dettes souveraines  annonçant une période de tourmentes dignes de la révolution française. La crise a bien eu lieu : si la chute des indices boursiers a été modérée outre Atlantique (-15% sur les Dow Jones et SP500), elle fut beaucoup plus violente sur les marchés européens : -26% pour le CAC40, et jusqu’à -30% sur le DAX ainsi que sur le FTSE Euro Top 100. La période trouble annoncée n’a certainement été évitée qu’à grand coup de Quantitative Easing (les fameux assouplissements monétaires) de notre pompier européen, la BCE.

 

Carrière :

Martin Armstrong est né le 1er novembre 1949. Il est l’ancien Président de Princeton Economics International Ltd. Il est connu pour ses prédictions économiques basées sur le Economic Confidence Model  qu’il a développé.

A l’âge de 13 ans, Armstrong a commencé à travailler dans une boutique de pièces de monnaies et de timbres située à Pennsauken dans le New Jersey. A l’âge de 15 ans, il acheta un sac de pièces de pennies canadiens très rares, et il devint millionnaire. Il devint alors le manager des employés de la boutique. A 21 ans, avec un associé, il ouvrit sa propre boutique. Il progressa dans l’investissement dans les pièces d’or, et plus généralement dans les métaux précieux.

En 1973, il commença à publier des prévisions sur le marché des matières premières, mais juste comme un nouveau hobby. 10 ans plus tard, alors que sa boutique déclinait, il passa plus de temps à s’intéresser à ce marché, et il publia une newsletter de prévisions sous forme d’abonnement payant.

Armstrong est principalement un autodidacte. Il a été influencé par son père, un avocat, dont le grand-père avait perdu une fortune lors du crack de 1929. Alors qu’il était élève au lycée, il vit le film « The toast of New York » (L’or et la chair en français) un film de 1937 sur James Fisk ( James Jim Fisk a fait fortune pendant la guerre de sécession en achetant du coton à bas prix aux fermiers du sud, et en le passant au nord en contrebande pour le revendre vingt fois plus cher) et la panique du « Vendredi noir » de 1869 (spectaculaire effondrement du marché de l’or à la bourse de New York le 24 septembre 1869). Armstrong en arriva à être convaincu que les actifs ne s’apprécient pas de façon linéaire avec le temps, et que, historiquement, ils subissent les impacts de  crises économiques qui se produisent, en moyenne, tous les 8,6 années.

Après en avoir terminé avec le lycée, Martin Armstrong ne fréquenta pas longtemps le RCA Institutes (devenu depuis le TCI College of Technology) à New York, et il suivi les cours de la Princeton University, mais n’obtint aucun diplôme.

Prédictions :

Martin Armstrong a développé le Economic Confidence Model  basé sur les cycles économiques et le nombre pi. C’est en observant les paniques financières de 1683 jusqu’en 1907 qu’il remarqua qu’elles étaient séparées par une moyenne de 3141 jours soient 8.6 années (le nombre pi multiplié par 1000).

Selon le magasine The New Yorker, cette méthode a été utilisée la première fois en 1977 pour prévoir le retournement du marché des matières premières.  Il est connu pour avoir revendiqué avoir prévu le crack de 1987 au jour près. Partant de sa théorie comme quoi les cycles d’expansion-récession se produisent tous les 3 141 jours, il a également prétendu, en 1999, avoir prédit l’effondrement du Nikkei en 1989 et la crise financière Russe de 1998.

Dans un passé plus récent (en 2012), il annonçait que la banque nationale suisse ne pourrait pas accoupler le franc à l’euro trop longtemps, pour faire face au marché des capitaux. Sa prédiction devint réalité le 15 janvier 2015, qui vit le franc suisse dégringoler, enregistrant jusqu’à 30% de chute !

Condamnation pénale

En 1999, des enquêteurs japonais, spécialisés dans la fraude, accusèrent Armstrong d’avoir récolté de l’argent d’investisseurs japonais, mélangé de façon irrégulière ces fonds avec ceux d’autres investisseurs, et utilisé cet argent pour couvrir des pertes subies lors d’opérations de trading. Le procureur américain l’a qualifié de « système de Ponzi » d’un montant de 3 milliards de dollars. Armstrong prétendit avoir été aidé par la Republic New York Corporation qui aurait produit de faux relevés de comptes pour rassurer les investisseurs d’Armstrong. En 2001, la banque accepta de payer 606 millions de dollars en réparation de sa part de responsabilité dans ce scandale.

Armstrong fut mis en examen en 1999, et il lui fut imposé par le juge Richard Owen de rendre 15 millions de dollars en barres d’or et antiquités qu’il avait prétendument achetées avec l’argent du fonds. La liste comprenait également des heaumes en bronze ainsi qu’un buste de Jules César. Armstrong fournit certains des articles, mais pas ceux qui n’étaient pas en sa possession, malgré les avoir réclamés. Ceci le conduisit à être condamné pour outrages au tribunal. Armstrong à été condamné à la peine de 7 ans de réclusion pour ces motifs, jusqu’à ce qu’il obtienne un arrangement avec les procureurs fédéraux. Armstrong admit avoir trompé les investisseurs et irrégulièrement mélangé les fonds de ses clients au cours d’un procès où les procureurs ont déclaré qu’ils avaient perdu pour 700 millions de dollars de produits. Armstrong fut condamné alors à 5 ans de prison. Il fut libéré du pénitencier fédéral le 2 septembre 2011 après avoir purgé au total 11 ans de détention.

Vie privée

Armstrong est divorcé. Il a deux enfants : une fille, Victoria « Vicky » Armstrong, née en 1977, et un fils, Martin Armstrong Jr. Né en 1976.

Le film

En 2014, est sorti le film « The Forecaster » (L’Oracle en français), qui raconte l’histoire de Martin Armstrong, la création de son modèle financier, son emprisonnement et sa libération. Le film a été réalisé par Marcus Vetter et Karin Steinberger. Il a été présenté à l’ International Documentary Film Festival d’Amsterdam. Le film décrit le point de vue d’Armstrong sur son procès, affirmant que c’est la Republic New York Corporation qui a illégalement tradé avec les fonds des comptes des clients le jour, et les aurait remplacés pendant la nuit à l’insu de Martin Armstrong. Le film présente la thèse que Martin Armstong a découvert qu’il s’était fait avoir, et que c’était la Republic Bank qui avait déplacé les fonds dans le mauvais compte la nuit. Son avocat, Thomas Sjoblom, apparait dans le documentaire et parle de la façon dont il a travaillé sur le dossier d’Armstrong bénévolement après que le tribunal ait saisi tous les biens d’Armstrong, le laissant dans l’incapacité d’assurer sa défense. Sjoblom prétend que les liquidités enregistrées dans les comptes présentaient un rendement positif et que cela rendait l’accusation d’avoir monté un Système de Ponzi complètement indéfendable.

Dans ce film, Martin Armstrong donne son avis sur les prochaines crises à venir. Ce qu’il dit dans le film (qui je le rappelle date de 2014), c’est qu’il y aura, à partir d’octobre 2015, une crise des dettes souveraines dans la zone Euro. Cette prévision s’est révélée exacte (cf. ci-dessus). Que cette crise touchera à sa fin en octobre 2016. En fait, elle a connu un plus bas en février 2016, et a eu un nouvel accès de faiblesse en juin 2016. Et il a prévu un rebond qui nous amène fin novembre 2017. Le rebond a en fait été bien plus important qu’il ne le prévoyait, surtout sur les indices américains. Et la suite qu’il prévoit est une crise économique, qui devrait donc démarrer fin novembre 2017, et nous amener en janvier 2020.

Ci-dessous, le graphique tiré du film :

Vous pouvez regarder la bande annonce sur youtube en suivant ce lien :

https://www.youtube.com/watch?time_continue=33&v=_vD0Zcs1yFc

Si vous voulez voir ce film, vous pouvez vous le procurer sur Amazon :

Alors, à quand la prochaine crise ?

Le 7 mai et le 25 juin 2015, Martin Armstrong a donné deux interviews (http://www.bardina.org/nw/escrits/martin-armstrong-deux-interviews-fr.htm) que je vous encourage vivement à lire en entier, même si la traduction n’est pas terrible.

Dans ces interviews, Armstrong explique qu’il n’a jamais escroqué ses clients, et qu’il a effectué 11 ans de prison sans avoir été condamné pour ces faits. Il prétend également qu’il s’agissait en fait d’une manœuvre de la CIA visant à vouloir lui racheté son programme pour, dit-il, contrôler le pouvoir. Armstrong n’a jamais cédé, et le gouvernement a donc fini par le condamner à 5 ans de réclusion après les 7 ans déjà passé en prison.

Il dit que le gouvernement a voulu protéger le banquier, car nous nous trouvions à ce moment là en pleine crise financière. Il ajoute : « C’est logique. Après tout les banques travaillent coude à coude avec les gouvernements. Ils ont la tâche de placer la dette de l’état. L’étroit rapport entre politique et banques est le problème principal de notre économie. Ils s’appuient les uns les autres. »

Martin Armstrong prétend qu’il aurait fallu mettre en place en Europe une dette unifiée, comme aux Etats Unis, qui aurait été l’épine dorsale de l’Euro. Mais il a été répondu que ce n’était pas « politiquement réalisable, qu’il fallait commencer avec l’Euro, et plus tard, réglementer la question des dettes». En tout cas, lui pense que c’était une erreur de ne pas doter l’Euro d’emprunts communs. « C’est pourquoi le système bancaire européen est tellement instable ». Il pense également qu’il est trop tard pour réformer ce modèle et que le système finira par s’effondrer tôt ou tard.

Et pour terminer, il ajoute : « Il n’y a pas un lieu sûr pour placer l’argent. Peut-être aux États-Unis après que la bulle de la dette de l’état aura crevé, il y aura une autre fois la possibilité de remonter, après que les titres actionnaires aient été réorganisés. Mais même alors la fin peut arriver à n’importe quel moment ». Lors de l’interview (mai 2015), il prévoyait : «Le grand krach arrivera en 2017 ou 2018.».

 

Mon avis

A mon avis, il faut se faire sa propre opinion. Martin Armstrong est juste quelqu’un d’incroyable qui a déjà prédit bon nombre de crises économiques. Mais on n’est pas obligé de tout prendre à la lettre. Donc, comme je suis avant tout un analyste technique, j’ai regardé les graphiques des grands indices (en fait, je les suis tout le temps). Et voici ce que j’en pense :

Le CAC40

Ci-dessous, le graphique du CAC40 en hebdo avec dessous, le RSI à 21 semaines à la date du 22 septembre 2017. Nous sommes entré depuis mars 2009 dans un grand mouvement haussier. Si on applique un découpage Elliottiste, nous nous trouvons dans la vague 5 (notée V) de ce mouvement. Cette vague V est elle-même découpée en 5 sous-vagues, notées 1 à 5. La sous-vague 4 semble terminée, et nous nous trouvons actuellement dans la sous-vague 5 de la grande vague V, annonciatrice d’une prochaine fin de mouvement. D’après mes projections, cette vague pourrait nous amener entre 5600 et 5750 points. Mais attention, il ne s’agit que de simples probabilités tirées de calculs, et non de la consultation de la boule de cristal de madame Irma !!

En termes d’étude Elliottiste, l’étude de l’indice allemand (DAX30) nous donne le même résultat, comme la plupart des autres indices européens.

Le SP500

Un petit tour du côté des indices américains va donner, à peu de choses près, les mêmes résultats. Ci-dessous, le graphique du SP500 en hebdo avec dessous, le RSI à 21 semaines à la date du 22 septembre 2017. Comme on peut le voir, on est entré depuis janvier 2016 dans la grande vague V qui, d’après la théorie des vagues d’Elliott, serait la dernière du mouvement haussier démarré en mars 2009. Cette vague V est elle-même divisée en 5 sous-vagues. Nous avons peut-être terminé la sous-vague 3. Je dit peut-être, car la sous vague 4 corrige très peu (environ 15%). Il va donc falloir surveiller les prochaines semaines pour avoir la réponse : soit nous sommes entré dans la sous-vague 5, soit nous avons une extention de la sous vague 3. Dans ce cas, il faudra également surveiller les indices européens qui pourraient bien repartir à la baisse dans une nouvelle sous-vague de la sous-vague 4 (découpage en A B C).

L’objectif pour cette sous-vague 5, et donc la vague V, se situerait entre 2670 et 2730 points.

Ces analyses des marchés corroboreraient donc la prévision de Martin Armstrong. Doit-on pour autant revendre toutes ses positions haussières ou au moins prendre des protections ? Personnellement, je pense que c’est un peu tôt, car il n’y a actuellement pas de signe économique (indicateurs macro-économiques) d’un possible retournement de l’économie à la baisse, en dehors de l’annonce de Janet Yellen, la présidente de la FED (Federal Reserve), de mettre fin à la politique de l’ «open bar» : elle a confirmé la politique de remontée des taux directeurs entamée en décembre 2015, mais également de mettre fin à la politique d’assouplissement monétaire (Quantitative Easing) et réduire ainsi l’imposant bilan de la FED. Et, sans oublier  les tensions politiques avec la Corée du Nord.

De plus, l’analyste financier Jim Rogers à déclaré au début de l’été 2017 : « Nous sommes à la veille du pire krach boursier qu’on ait jamais connu ».

Malgré tout, les voyants économiques sont encore au vert. Mais il va falloir surveiller de très près les marchés et, peut-être, commencer à prendre quelques bénéfices de manière à se constituer des liquidités pour revenir sur les marchés à meilleur prix si la tempête a réellement lieu.

Je ferai prochainement un article sur les « vagues d’Elliott » pour mieux expliquer l’intérêt d’intégrer ce puissant indicateur dans son trading.

J’espère que cet article vous aura plu. N’hésitez pas à laisser vos commentaires ci-dessous, ou à me contacter via la page Contact.

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