Assurance vie – Vers la fin d’un règne ?

Assurance vie – Vers la fin d’un règne ?

Placement préféré des français (un français sur deux, à l’heure actuelle, déclare en détenir un) en raison des avantages fiscaux et de transmission patrimoniale, même si la baisse des taux d’intérêt a un impact négatif sur la rentabilité des fonds en euros. Mais on peut diversifier ses placements au sein de son contrat d’assurance-vie. Ces derniers proposent des supports (appelés unités de compte) qui sont en général des OPCVM, mais on trouve également des ETF (trackers, voir mon article à ce sujet), des SCPI (recevez mon eBook gratuit pour tout savoir sur ce produit en vous rendant sur la page d’accueil du site), des SCI, des OCPI et des certificats sur l’or ou d’autres métaux précieux.
Pour améliorer le rendement de son contrat d’assurance vie, il devient donc indispensable de diversifier en investissant dans des unités de comptes (UC) en plus de son fonds en euros. Mais les UC ne font pas le plein. Si en 2015, la moitié de la collecte a été souscrite sur des UC, c’est environ 20% sur 2016.
Malgré tout, l’assurance vie reste encore un placement incontournable et les rendements servis sont bien supérieurs aux livrets d’épargne classiques. De plus, l’assurance vie permet de répondre à plusieurs objectifs comme se constituer un capital d’épargne, compléter ses revenus, faire fructifier son argent et même transmettre un capital à qui l’on veut en profitant des droits de succession très avantageux offerts par ce placement. En effet, les principaux attraits de l’assurance vie sont la fiscalité et les avantages liés à la succession.

Je vous livre un tour d’horizon de ce produit, ainsi que mes conseils pour investir en toute connaissance de cause.

Définition de l’assurance vie

L’assurance vie est un contrat par lequel l’assureur s’engage, en contrepartie du paiement d’une ou plusieurs primes par le souscripteur, à verser un capital ou une rente à un bénéficiaire déterminé, dès la réalisation du risque. Ce contrat est donc avant tout une relation juridique qui s’établit entre le souscripteur, l’assureur et le bénéficiaire.
L’assurance vie est plus qu’un contrat d’épargne. Mais c’est également un contrat de prévoyance. En effet, il permet de s’assurer contre plusieurs risques, tels le décès, la constitution d’un capital ou d’améliorer ses revenus à la retraite, et il peut également être mis en garantie pour l’obtention d’un prêt.
Les fonds en euros sont des contrats totalement sécurisés car investis principalement en obligations : en moyenne, environ 82 % des fonds en euros sont investis en obligations souveraines (émises par les états) et le reste en obligations corporate (émises par les entreprises). Le gestionnaire de fonds détermine la répartition entre les émetteurs les mieux notés (notation comprise entre AAA et BBB-) et ceux les moins bien notés, recherchés pour le meilleur rendement qu’ils offrent.
Leur valorisation augmente progressivement. Il ne peut pas y avoir de perte dessus, contrairement aux unités de compte des contrats multi-supports.
Malgré tout, pour lutter contre l’effritement des rendements, certains assureurs vont intégrer dans les fonds en euros des actifs un peu plus risqués (actions, immobilier) pour pouvoir offrir des rendements plus attractifs.
Il y a donc deux types de contrats d’assurance vie :

  • Les contrats mono-support qui ne comporte que le fonds en euros
  • Les contrats multi-supports qui, à côté du fonds en euros, proposent également des unités de compte

Comment investir son argent

Il y a donc deux grandes familles de fonds permettant de répartir son capital :

Les fonds en euros

Quand vous investissez dans des fonds en euros, le capital investi est garanti. Leur valeur ne peut donc pas baisser. Et vous bénéficiez de ce qu’on appelle l’effet cliquet : les intérêts s’ajoutent au capital et sont acquis. Ils génèrent à leur tour, chaque année, des intérêts et ainsi de suite. Par exemple, votre capital de départ est de 1000 €. A la fin de la première année, avec un taux d’intérêt à 3 %, vous obtenez 1030 € et à la fin de la deuxième année, si le taux est de 2.8%, votre capital sera de 1058.84 €.
Les taux d’intérêt (nets de frais, mais bruts des 15.5% de prélèvements sociaux) servis varient tous les ans, et les intérêts sont versés annuellement, en janvier. En 2015, il était en moyenne de 2.5 %. Les taux les plus intéressants du marché  montaient à 3.6%. En 2016, les taux ont baissé. La moyenne affiche des rendements moyens de 2%, ceux dépassant les 3% sont devenus très rares (entre 3.10 et 3.20% pour les meilleurs).

Les unités de comptes (UC)

Contrairement aux fonds en euros, le capital investi en UC n’est pas garanti, car elles sont soumises aux fluctuation du marché. Les risque de pertes sont compensés par les espoirs de gains qui peuvent être nettement supérieurs au taux d’intérêt du fonds en euros. Il est important de comprendre que les risques et les probabilités de gains sont liés. Vous avez le choix entre différents types d’UC qui présentent des niveaux de risques différents, ce qui vous permet de moduler votre prise de risque à votre convenance.

On trouve :

  • des actions
  • des obligations
  • des placements immobiliers (SCPI, SCI)
  • des produits financiers
    • ETF
    • Certificats (sur l’or, les métaux précieux, le pétrole)

L’offre servie est souvent très variée, et diffère en fonction des contrats.

Comprendre les frais

Frais d’entrée

Ces frais servent à couvrir les coûts de commercialisation. Les frais d’entrée varient de 0 à 4.5% souvent prélevés sous forme de commission sur le capital de départ. On les trouve le plus souvent entre 1% et 1.5%, compte tenu de la concurrence des assurance vie sur Internet. En effet, en ligne, elles ont souvent des frais d’entrée à 0%.

Frais de versement

Les frais de versement, de 0 à 5%, sont prélevés en général sous forme de commission sur chaque versement réalisé. En ligne, c’est souvent 0%.

Frais de gestion

Ils sont en moyenne de 0.80 à 1.50 % dans les réseaux de distribution traditionnels, contre 0.60 à 0.80% en ligne.

Frais d’arbitrage

Les frais d’arbitrage, de 0 à 1%, sont prélevés sur le montant de l’arbitrage. Ils peuvent s’appliquer lorsque vous demandez à modifier la répartition de votre capital entre les différents supports. En ligne, c’est souvent 0%.

Frais de sortie

Ceux-ci sont facturés en cas de rachat ou de clôture de votre contrat. Beaucoup de contrats ont aujourd’hui des frais de sortie nuls.

La fiscalité de l’assurance vie

Important : La fiscalité est appliquée sur les intérêts et pas sur le capital.

PFL : Prélèvement forfaitaire libératoire

Le PFL est un forfait et n’est pas obligatoire. Dans certains cas, les personnes faiblement imposés peuvent avoir intérêt à ne pas le choisir. Par exemple, si vous faites un rachat partiel au bout de 5 ans de contrat et que vous êtes imposés à 14%, alors il vaut mieux choisir votre TMI (Taux Marginal d’Imposition) plutôt que le PFL. Par contre, si vous choisissez le PFL, vous devez le spécifier au moment du rachat, sinon, les intérêts perçus seront obligatoirement imposés au barème de l’impôt sur le revenu.

La fiscalité concernant les retraits est dégressive en fonction de l’ancienneté du contrat (PFL hors prélèvements sociaux) :

  • durée du contrat inférieure à 4 ans : PFL de 35%
  • durée du contrat comprise entre 4 et 8 ans : PFL de 15%
  • durée du contrat supérieure à 8 ans : PFL de 7.5% en plus des abattements (Les abattements sont de 4600 € si vous êtes célibataire et 9200 € si vous êtes mariés ou pacsés)

Attention, si vous optez pour le PFL après 8 ans, l’assureur prélèvera la taxe de 7,50% l’année du retrait sur le montant imposable. Ce n’est que l’année suivante que le fisc prendra en considération l’abattement.

Des exceptions existent toutefois pour les contrats souscrits :

  • avant le 1er janvier 1983 (Pour ces contrats, les produits sont exonérés d’impôts, mais pas de prélèvements sociaux)
  • Entre le 1er janvier 1983 et le 26 septembre 1997
  • Certains contrats spécifiques : contrats DSK, Sarkozy

Si vous êtes concernés, rapprochez vous de votre assureur pour plus d’information

Enfin, l’épargne déposée en assurance vie doit être déclarée au titre de l’ISF

Fiscalité des retraits

Tant que l’on effectue pas de retraits, on ne paie pas d’impôts. Et évidemment, aux impôts se rajoutent les prélèvements sociaux, CSG et autres. Pour rappel, les taxes ne s’appliquent que sur la part des intérêts.

Cas du rachat total

Lors d’un rachat total, vous retirez tout votre argent, ce qui clôture le contrat. Cela met fin aux avantages fiscaux acquis avec le temps et peut vous faire perdre des avantages successoraux liés à l’ancienneté des versements. Dans ce cas, l’assiette taxable est la différence entre le montant du contrat au moment du rachat et des sommes versées.

Cas d’un rachat partiel

Quand on effectue un retrait, on retire une partie du capital et les intérêts accumulés correspondants. C’est sur ces intérêts que vous êtes imposables. Comme on l’a vu, le taux d’imposition du PFL baisse avec le temps. Il est au plus bas 8 ans après avoir souscrit le contrat. Et avec le mécanisme des abattements, on peut faire des retraits non imposés (Jusqu’à 4600 € pour une personne seule, et Jusqu’à 9600 € pour un couple).
Le montant du rachat est illimité et il n’y a pas de frais à payer. Il n’y a pas de délai de sortie, la fiscalité est juste différente en fonction du délai de détention. Chaque contrat comporte une « valeur de rachat » permanente, correspondant aux sommes nettes versées et aux revalorisations financières.

L’assiette taxable est différente que pour un retrait total. La formule est  PI = RP – [V x (RP/E)] avec :

  • PI : produit imposable
  • RP : montant du rachat partiel
  • V : montant total des versements effectués sur le contrat
  • E : montant de l’épargne acquise au moment du rachat partiel

Le montant du Rachat Partiel (RP) est donc constitué d’une part de capital (CR : Capital Remboursé), et d’une part des intérêts (le Produit Imposé : PI).

Et pour le deuxième rachat et les rachats suivants, le produit imposable est PI = RP – [(V-CR) x (RP/E)]

Les avances

On peut demander une avance à son assureur si le besoin d’argent est temporaire. Pendant ce temps, l’argent continue de fructifier sur votre contrat sur le montant total hors avance. En effet, dans le cas d’une avance, le contrat n’est pas remis en cause. Le montant maximum de l’avance que vous pouvez obtenir varie, selon votre contrat, entre 60 et 80% du montant que vous avez investi. Le taux d’intérêt est calculé en fonction du taux moyen des emprunts d’État ou du rendement du fonds en euros sur l’année précédente. Les avances bénéficient d’un régime fiscal plus intéressant que les retraits. Elles ne doivent être utilisées que de manière exceptionnelle. Sinon, le risque est la requalification de l’avance en retrait par l’administration fiscale.

Sortie en rente viagère

Dans ce cas, les produits sont totalement exonérés d’impôts.Le contrat sera imposé après l’abattement sur les rentes.

Fiscalité de la succession

Dans le cas d’une succession classique, les enfants ont un abattement de 100 000 € chacun seulement. Nous allons voir que la succession est beaucoup plus intéressante avec l’assurance vie.

S’il y a des droits de succession à payer, c’est l’assureur qui les prélève directement sur les capitaux décès.
Si le bénéficiaire est votre conjoint (PACS ou mariage) , il ne paiera aucun droit de succession. Aucun prélèvement ne sera effectué. Pour les autres bénéficiaires, les droits sont calculés en fonction de l’âge que l’on a au moment du dernier versement.

Pour les sommes déposées avant 70 ans : Pour les autres bénéficiaires que le conjoint (PACS et mariage), il y a un abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Ensuite, chacun paie 20% de droits sur les 700 000 € suivants, et 31.25% au delà. Une exception : les primes versées par le titulaire avant le 13 octobre 1998 ainsi que les intérêts générés sont exonérés de droits de succession

Les sommes déposées après 70 ans sur un contrat d’assurance vie font partie de la succession et sont soumises aux droits de succession classiques en fonction du lien de parenté. Seuls les capitaux transmis sont imposés, pas les intérêts accumulés. Vous bénéficiez d’un abattement unique de 30 500 €, et ce, quelque soit le nombre de bénéficiaires. Une exception toutefois si le contrat a été ouvert avant le 20 novembre 1991, l’âge du titulaire au moment du versement des primes n’entre pas en ligne de compte.

Pour information, les contrats vie-génération, créés par la Loi de finances rectificative pour 2013 et investis en partie dans le logement solidaire, les ETI, l’économie sociale et le capital-risque, bénéficient d’une fiscalité plus favorable. Pour les décès à compter du 1er juillet 2014, les bénéficiaires d’un contrat vie-génération ont droit à un abattement de 20% (après application de l’abattement de 152 500 €) sur les sommes versées.

Clause bénéficiaire

Les contrats d’assurance vie contiennent une clause standard pour les bénéficiaires, que l’on peut modifier. En général, c’est : « les héritiers ou ayant-droits de l’assuré ». Soyez attentif à la rédaction de la clause bénéficiaire. Vous pouvez désigner, comme bénéficiaire, votre conjoint, vos enfants, d’autres membres de votre famille, des amis, etc. Vous pouvez également désigner une association, un parti politique, une fondation, une institution religieuse ou même un club de football  comme bénéficiaire de votre assurance vie.

 Acceptation de la clause bénéficiaire

Depuis le 19 décembre 2007, l’acceptation doit se trouver dans un avenant au contrat signé par les trois parties (assuré, bénéficiaire et assureur). Une simple lettre recommandée ne suffit plus. Mais attention ! une fois la clause acceptée par le bénéficiaire, le titulaire du contrat ne pourra plus la modifier, ni effectuer de rachats, total ou partiels, sans l’accord du bénéficiaire.

Démembrement de la clause bénéficiaire

Dans ce cas, le produit du contrat sera partagé entre un usufruitier et un nu-propriétaire. Le capital sera versé à l’usufruitier qui pourra en disposer librement. A la mort de l’usufruitier, le nu-propriétaire récupérera en pleine propriété le capital qui pourra être prélevé, en franchise de droit, sur la succession. Ce dispositif est idéal pour assurer l’avenir de son conjoint sans pour autant pénaliser ses enfants.

Avantages de l’assurance vie

L’assurance vie comporte de nombreux avantages.

En cas de retrait, votre argent est disponible en quelques jours (en moyenne, cinq jours ouvrés). Certains assureurs s’engagent même à réduire les délais au minimum (72 heures dans certains cas)

En cas de décès :

  • On peut optimiser la transmission de son patrimoine
  • L’assurance vie est versée à un ou plusieurs bénéficiaires que vous avez désigné. L’assurance vie n’est pas soumise aux règles générales de partage de l’héritage. On peut donc privilégier un bénéficiaire plutôt qu’un autre.
  • Les héritiers réservataires n’ont aucun droit sur cette épargne, sauf s’ils considèrent que les primes versées sur le contrat d’assurance vie sont manifestement exagérées.
  • C’est l’assureur qui s’occupe de rechercher et de contacter les bénéficiaires, pas le notaire.
  • Il existe un organisme qui, en cas de décès d’un proche, effectue des recherches pour savoir s’il était titulaire d’un contrat d’assurance vie. Il s’agit de l’AGIRA (Association pour la gestion des informations sur le risque en assurance).

Et d’une manière générale :

  • On peut souscrire autant de contrats que l’on veut. Ce qui permet de rester en dessous du plafond de 70 000 € (garanti par le FGAP : Fonds de Garantie des Assurances de Personnes).
  • Il n’existe aucun plafond pour les montants investis
  • On peut souscrire une assurance vie directement sur internet
  • Le chèque que vous faites est à l’ordre de l’assureur
  • L’argent que vous investissez est déposé en lieu sûr, chez l’assureur
  • Un contrat d’assurance vie peut servir de garantie pour acheter un bien immobilier
  • L’argent que vous avez déposé n’est pas bloqué. Vous pouvez le retirer quand vous voulez, en prenant soin de vérifier la fiscalité en fonction de l’ancienneté de votre contrat.
  • On peut ouvrir un contrat d’assurance vie pour la vie entière
  • Tant que vous ne touchez pas au capital déposé sur votre assurance vie, votre argent n’est pas imposable. Attention, si vous êtes redevable de l’ISF, votre épargne reste soumise à cet impôt !
  • C’est l’assureur qui effectue les recherches de vos bénéficiaires à votre décès. Pour aider l’assureur à retrouver vos bénéficiaires le plus facilement possible (et qu’ils touchent l’argent que vous leur avez destiné), prenez soin de préciser dans la clause dite bénéficiaire, leur prénoms, nom, date de naissance (voire lieu de naissance) et dernière adresse connue.
  • On peut modifier la clause bénéficiaire à notre guise et quand on veut.
  • Si vous changez d’avis et que vous voulez renoncer à un contrat d’assurance vie que vous venez d’ouvrir, vous avez 30 jours pour adresser une « lettre de rétractation d’un contrat d’assurance vie » à votre assureur.
  • Un contrat d’assurance vie est insaisissable. Tant que le contrat est en cours, l’épargne ne peut pas être saisie, même par le fisc.

Inconvénients et Risques

L’assurance vie a, comme on vient de le voir, de nombreux avantages. Mais les risques de ce placement doivent également être étudiés avec attention.

Par exemple, et contrairement à un compte titre ou un PEA, on ne peut pas le transférer d’un assureur à un autre. Et en cas de divorce, et si les conjoints étaient mariés sous le régime de la communauté légale, les biens acquis sont réputés communs. Sauf si le ou la titulaire du contrat prouve qu’il a alimenté le contrat avec la vente de biens propres.

L’abus de droit : Si une personne, peu avant son décès, met une part importante de son patrimoine sur son assurance vie avec, pour seul objectif, la diminution d’impôt, le fisc pourrait être tenté d’y regarder de plus près. Malgré tout, cette procédure est rarement mise en oeuvre.

Dettes publiques européennes : Les fonds en euros sont essentiellement composés par des dettes d’états. A la fin du 3° trimestre 2016, la dette française s’établit à 2160.4 milliards d’euros, soit 97.6% du PIB de la France. Pour rappel, la dette publique représente l’ensemble des emprunts contractés par l’Etat. En moyenne, la dette publique européenne se monte à environ 58% du PIB. Il y a cinq pays qui dépassent les 100% du PIB : il s’agit de la Grèce, de l’Italie, du Portugal, de Chypre et de la Belgique. Et tous ces emprunts se retrouvent dans les fonds en euros des assurances vie. En comparaison, la dette du Luxembourg n’est que de 21.4%.

Les différents risques pesant sur l’assurance vie sont :

  • Risque de krach obligataire : Celui-ci découlerait d’une brusque remontée des taux. Dans ce cas, les obligations actuelles aux taux extrèmement bas ne vaudraient plus rien, et les assureurs auraient du mal à assurer la liquidité de vos contrats.
  • Risque de défaut souverain : C’est à dire de la faillite des états (voir le paragraphe sur les dettes publiques).
  • Risque de contrepartie : C’est le risque de faillite de la compagnie d’assurance dans laquelle vous détenez votre contrat d’assurance vie (Ce risque découle des deux premiers).
  • La loi Sapin II : C’est clairement un risque pour les détenteurs de contrats d’assurance vie
    • Loi Sapin 2 adoptée le 8 novembre 2016
    • Elle met fin à la garantie de liquidité du fonds en euros.
    • En vertu de l’article 21 bis de la loi Sapin 2, le Haut Conseil de Stabilité Financière pourra décider de suspendre sur tous les contrats la possibilité de faire des retraits sur les fonds en euros ou pourra les limiter en cas de grosse fluctuation des taux obligataires, et ce pendant une période six mois, non renouvelable.
    • Cette loi vise avant tout la sauvegarde de l’assureur. Vos économies, vous l’aurez compris, passeront après !

Avec la loi Sapin II, vous pourriez ne plus avoir accès à vos placements, que ce soit en fonds euros ou en unités de comptes. Et en cas de grosses crises, il se pourrait qu’au moment où vous pourrez, enfin, récupérer votre argent, ceux-ci ne valent plus grand chose. Pour l’épargnant, c’est donc un vrai risque.

Comment choisir son contrat d’assurance vie

Tout d’abord, l’épargnant doit déterminer ses besoins, ses propres critères. Cette assurance vie va t-elle servir :

  • à un placement pour valoriser son épargne ou préparer sa retraite
  • à une protection telle que servir de garantie (nantissement) à un prêt, mettre ses proches à l’abri d’un décès ou accompagner un enfant handicapé.
  • à l’anticipation de sa succession, à la transmission d’un capital pour financer des études ou l’installation professionnelle ou personnelle de proches.

En fonction de ses besoins, le souscripteur va choisir :

  • Le type de contrat sur lequel il va investir
    • Epargne (vie)
    • Prévoyance (décès)
    • Epargne et prévoyance (vie et décès)
  • Le bénéficiaire
  • Les supports d’investissement

Pour souscrire un contrat, il existe de nombreux assureurs et intermédiaires agréés. Vous pouvez passer :

  • Directement par une compagnie d’assurance
  • Par une banque : Dans une banque vous aurez surtout accès aux contrats d’assurance vie développés par la banque
  • Par une mutuelle
  • Par un courtier
  • Par un conseiller en gestion de patrimoine
  • Par une assurance vie en ligne

Cas des assurances vie en ligne :

  • Pourquoi passer par Internet :
    • Les contrats d’assurance vie en ligne ont été plébiscités comme les meilleurs contrats du marché.
    • On peut comparer les offres directement de chez soi
    • Il existe des simulateurs d’épargne en ligne
  • Peu de frais, plus de rendement
    • Les assurances vie vendues sur internet ont de faibles coûts de structure et de logistique, ce qui leur permet de proposer des frais attractifs.
  • Performance et services :
    • Fonds en euros les plus performants du marché :
      • En 2016, la performance du fonds en euros des réseaux traditionnels était environ de 2% tandis que les contrats en ligne affichaient des taux supérieurs. Mais par rapport à 2015, les taux ont baissé en moyenne de 0.5%, et la tendance devrait continuer sur 2017, et certainement les années à venir.
      • Il faut vérifier que la performance du fonds en euro est régulière sur le long terme. Et faire attention aux frais d’entrée qui viennent diminuer la performance. Sur Internet, il n’y a généralement pas de frais d’entrée.
    • Accès permanent à ses contrats
    • Autonomie
    • Liberté

Il faut néanmoins s’assurer que votre conseiller est agréé par l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution). L’ACPR est l’organe de supervisions des banques et des assurances en France.

Quelle stratégie mettre en oeuvre

Allocation d’actifs

C’est la répartition de vos avoirs entre différentes classes d’actifs. Vous devez donc faire une allocation d’actifs équilibrée en fonction de votre profil de risques. En d’autres termes, ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier.

Profil de risque

Votre espérance de gains est liée à la prise de risques que vous pouvez acceptée. La prise de risque est liée à votre état d’esprit et dépend de :

  • Votre âge
  • Votre situation financière
  • Vos revenus
  • Vos connaissances financières
  • Vos réactions face à une perte d’argent

Il faut donc trouver quel est le profil de risque le plus adapté à vos objectifs et à vos besoins. On rencontre souvent les 3 profils suivants :

  • Profil prudent :
    • C’est le profil le moins risqué
      • Au moins 80% investis en fonds euros
      • Jusqu’à 20% sur des unités de comptes peu risquées
  • Profil équilibré :
    • Tolérance modérée envers le risque
      • 50% investis en fonds euros
      • 50% en unités de comptes peu risquées
  • Profil dynamique ou agressif :
    • Les performances doivent être importantes
    • L’investisseur n’hésite pas à prendre plus de risques
    • Ses placements connaissent plus de volatilité
      • 25% investis en fonds euros
      • 75% en unités de comptes plus risquées

Et si vous désirez garder un maximum de sécurité, vous pouvez également placer les gains du contrat en euros sur des unités de compte plus risquées.  Vous ne prenez ainsi aucun risque sur votre capital, et vous pouvez améliorer les  performances de votre contrat.

 Type de gestion

En fonction de votre profil d’investisseur, vous allez choisir un type de gestion :

  • Gestion libre : C’est vous qui décidez de la répartition au sein de votre contrat entre fonds en euros et unités de comptes
  • Gestion pilotée ou sous mandat : Vous confiez la gestion à une société mandatée par le distributeur.

Mes conseils

Durée de détention

La durée moyenne de détention d’un contrat d’assurance vie est de 12 ans. Mais vous pouvez le garder toute votre vie en y effectuant autant de versements et de retraits que vous voulez.

Risques

Il est judicieux de répartir son argent entre différents placements, car à chaque catégorie de placement correspond un risque différent. Il est donc important de répartir son argent de manière équilibrée entre les différents placements possibles.
La répartition est encore plus efficace pour prévenir les risques de pertes, si elle se fait entre des placements qui ne se ressemblent pas ; c’est-à-dire lorsqu’ils gagnent et perdent de la valeur indépendamment les uns des autres.
Rappelez-vous que l’espérance de gain est directement liée au niveau de prise de risque que vous pouvez accepter

Les caractéristiques à regarder de près

Les frais

  • Choisir les contrats ayant les frais les plus bas, c’est essentiel. En effet, plus les frais sont bas et plus les placements sont rentables.
  • On trouve souvent des frais de gestion à 0.60% sur les contrats en ligne. C’est une bonne moyenne.
  • Vérifier le montant :
    • des frais d’entrée (pour les versements) qui peuvent être très élevés, mais aussi les plus facilement négociables.
    • des frais d’arbitrage, que vous payez à chaque modification d’allocation au sein du contrat.
    • des frais de sortie en cas de rachat ou de clôture du contrat.
  • Rappelez-vous que ces frais sont en général à 0% pour les assurances en ligne (hors frais de gestion)

La composition du fonds en euros

Il est majoritairement investi en obligations pour garantir un risque de perte en capital. La répartition entre obligations souveraines et corporates varie en fonction des assureurs. Une alternative se trouve toutefois dans les fonds en euros dynamiques. L’assureur alloue généralement 70% en obligations, et 30% en actions et immobilier. Cela permet d’obtenir un meilleur rendement du fonds en euros tout en garantissant le capital.

Le choix des unités de compte

Vous devez éviter le contrat monosupport en euros, car le rendement est ridiculement bas, et éviter également les contrats à architecture fermée limités aux unités de compte maison du distributeur.

Vous devez diversifier avec des unités de comptes plus ou moins risquées en fonction de votre profil d’investisseur et de vos objectifs.
L’assurance vie étant un placement de long terme, vous devez répartir vos placements entre différentes classes d’actif et zones géographiques. Cela permet de répartir le risque, et donc, d’investir avec plus de sécurité.

Il faut privilégier les contrats multisupports offrant plus d’une centaine d’unités de comptes. Cela permet une plus grande diversité de choix parmi des actions, des certificats, des SCPI (recevez mon eBook en vous rendant sur la page d’accueil du site), des ETF (voir mon article sur les ETF) ou des produits structurés. Votre choix dépend évidemment de votre aptitude à sélectionner les bons supports, de la somme placée et de l’horizon d’investissement. Si vous ne voulez pas gérer vous même, choisissez un contrat offrant la gestion pilotée ou la gestion sous mandat.

Si vous préférez avoir un maximum de sécurité, optez pour les fonds en euros les plus performants qui sont une excellente alternative aux placements classiques d’épargne, type livrets par exemple, car l’argent placé sur une assurance vie est toujours disponible.

Pourquoi ouvrir plusieurs contrats

Cela permet :

  • d’avoir accès à un plus grand nombre d’unités de comptes, ce qui est idéal pour diversifier
  • de faire jouer plusieurs fois la garantie sur les placement bancaire (limitée à 70 000 € par assureur)
  • en cas de nantissement pour un prêt bancaire, seul le contrat donné en garantie est bloqué

Les avances

Il est préférable de choisir un contrat qui propose des avances. Il est parfois difficile d’évaluer leur coût. Quoiqu’il en soit, ce coût par an ne devrait pas dépasser 0.5%.

Offres

Je vous conseille de choisir des contrats offrant au moins 100 UC, ce qui vous permettra d’avoir un choix important si vous souhaitez diversifier la répartition de vos avoirs entre fonds en euros et UC.

Ancienneté du contrat

Les contrats les plus anciens ont pu accumuler dans leur fonds en euros des obligations à des taux plus rémunérateurs que les contrats nouveaux. Cela est du au fait que depuis de nombreuses années, les obligations ont vu leur rendement s’effondrer. En période de baisse des taux, privilégier les anciens contrats. Et en période de hausse des taux, privilégier les contrats les plus récents.

Clause bénéficiaire

La clause bénéficiaire est primordiale pour qu’après votre décès, votre assurance vie aille bien aux destinataires que vous souhaitez. Il peut être conseillé de s’adresser à un notaire en cas de situation patrimoniale complexe. En effet, celui-ci sera compétent et apte à vous aider si vous avez des difficultés avec cette partie du contrat.

Le souscripteur peut modifier le ou les bénéficiaires sans leur accord, sauf si le bénéficiaire a accepté la clause. Si c’est le cas, la clause ne pourra plus être modifiée. Il est donc conseillé de ne pas faire accepter la clause bénéficiaire, sinon, cela pourrait vous bloquer dans vos stratégies d’investissements liées à l’assurance vie. Quoiqu’il en soit, il faut veiller à ce que la clause bénéficiaire soit correctement remplie. En l’absence de désignation ou d’ambiguïté de cette clause, les sommes sont réintégrées dans la succession.

Une bonne solution est de préciser que le bénéficiaire est désigné dans un acte déposé chez Maître D…, notaire. Vous pourrez ainsi changer de bénéficiaire comme bon vous semble.

Le démembrement est également une bonne solution si vous voulez protéger votre conjoint sans pénaliser vos enfants.

Attention : dans certains contrats, la clause bénéficiaire est irréversible. Prenez le soin de bien la rédiger.

Clause de rachat

Certains contrats prévoient des pénalités en cas de rachat partiel ou total avant l’échéance. Il faut naturellement les éviter.

Si vous avez déjà un ou plusieurs contrats d’assurance vie

Il vous est conseillé de bien vérifier la nature du contrat : vie, décès ou mixte. En fonction du type de contrat, les modalités de sortie peuvent être différentes, et vous risquez de perdre de l’argent. Étudiez bien votre contrat, et n’hésitez pas à contacter votre assureur. Il vous apportera des réponses à toutes vos questions.

Si votre contrat a plus de 8 ans

Pour pouvoir profiter de l’avantage fiscal lié aux abattements, deux conditions sont nécessaires :

  • que votre contrat ait plus de huit ans (la maturité moyenne des contrats d’assurance vie en France est très nettement supérieure à ce délai)
  • que votre contrat ne prélève pas, ou très peu, de frais sur les versements (c’est par exemple le cas des contrats distribués sur internet qui n’en facturent pas).

Rappelons d’abord la règle fiscale. Lors d’un retrait sur un contrat d’assurance vie, seule la part de gains est fiscalisée, le capital lui n’est pas taxé. Les intérêts sont soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu ou sur option à un prélèvement forfaitaire libératoire de 35% si le contrat a moins de quatre ans, de 15% s’il a entre quatre et huit ans et de 7,5% s’il a plus de huit ans.
Surtout, après huit ans et quelle que soit l’option retenue, un abattement annuel sur les intérêts s’applique. Il est de 4 600 euros pour une personne seule et de 9 200 euros pour un couple marié ou pacsé. C’est cet abattement qu’il est important d’utiliser. Grace à lui vous pouvez réaliser jusqu’à 690 euros d’économie d’impôt (9.200 euros x 7,5%).
L’astuce est de transformer les intérêts en capital, c’est à dire de retirer la somme nécessaire pour profiter de l’abattement, et de reverser cette somme sur le contrat.
Et, si vous n’avez pas besoin des capitaux, répétez l’opération chaque année. Les fonds retirés seront reversés sur votre contrat d’assurance vie ou si celui-ci est trop gourmand en frais ils seront apportés à un nouveau contrat d’assurance vie qui n’en facture pas ou très peu. Par cet aller-retour, vous transformez les intérêts de votre contrat, normalement fiscalisés, en capital qui, lui, ne l’est pas.
Prenons un exemple. Pacsé, vous avez ouvert un contrat d’assurance vie en 2005 d’une valeur aujourd’hui de 100.000 euros. Ce contrat, de plus de huit ans, est composé de 75 000 euros de capital et de 25 000 euros d’intérêts. Chaque retrait sera alors automatiquement composé de 75% de capital et de 25% d’intérêts.
La première année vous pouvez retirer en franchise d’impôts 36 800 euros (27 600 euros de capital et 9 200 euros d’intérêts qui correspondent à votre abattement). Si vous n’avez pas besoin des capitaux, replacez-les sur un contrat d’assurance vie, idéalement sans frais d’entrée.
En répétant l’opération trois années de suite, vous aurez totalement purgé la plus-value de votre contrat d’assurance vie et économisé dans cet exemple 1 875 euros (25 000 euros x 7,5%) d’impôts.

Le cas particulier des contrats luxembourgeois

Face aux risques évoqués précédemment (cf. paragraphe sur les inconvénients et les risques), investir dans une assurance-vie au Luxembourg permet une diversification de ses placements financiers. Les contrats luxembourgeois fournissent à la fois une forte garantie de capital en cas de faillite des compagnies d’assurances, c’est ce que l’on appelle « le triangle de sécurité », mais aussi une réglementation fiscale basée sur la « neutralité fiscale », ainsi qu’un très large choix de supports financiers et de devises de référence. De plus, la gamme de placement est plus importante qu’en France. Le pays propose également des contrats sur mesure en fonction des aspects juridiques et fiscaux du pays de résidence du souscripteur.

En général, le ticket d’entrée dans les contrats d’assurance vie luxembourgeois est assez élevé (de l’ordre de 250 000 €). Toutefois, AltaProfits lance Generali Espace Lux Vie France qui est accessible dès 50 000€. Aller sur leur site pour découvrir ce contrat (en suivant ce lien). Vous trouverez également sur leur site une information sur les atouts de l’assurance vie luxembourgeoise, et notamment l’explication du « triangle de sécurité » (suivez ce lien).

Ceci n’est donné évidemment qu’à titre d’information, et ne constitue nullement un conseil d’investissement. Je ne suis en aucune manière lié avec cette société.

En guise de conclusion

Vous l’aurez compris, avec la politique de taux bas et les menaces qui pèsent sur certains pays de la zone euro, l’assurance vie a perdu de son intérêt. Mais ses nombreux avantages, notamment en terme de succession, font qu’elle reste encore un placement intéressant. Vous devez toutefois bien choisir votre contrat. Pour cela, je vous conseille de prendre des contrats :

  • N’ayant aucun frais de versement, d’arbitrage et de retrait
  • Dont les frais de gestion du fonds euros de 0.75% maximum (voire 0.60%)
  • Qui propose au moins 100 unités de comptes différentes
  • Dont le premier versement puisse être de 1500 € maximum
  • Dont la gestion pilotée soit proposée

Quoiqu’il en soit, si je n’ai qu’un conseil à donner, c’est : DIVERSIFIER ! Vous ne devez pas mettre tous vos œufs dans le même panier. Il existe d’autres possibilités de placements, telles que la bourse ou l’immobilier.

Avec de bonnes formations, il est tout à fait possible de se créer des revenus passifs qui vous permettront d’améliorer votre future retraite (ou votre retraite actuelle), voire si vous êtes plus jeunes, d’atteindre l’indépendance financière. Cela vous permettra d’envisager l’avenir avec plus de sérénité, et de profiter pleinement de votre vie.

 

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J’espère que cet article vous aura intéressé et qu’il vous aidera au moment de faire votre choix. Merci de me laisser vos commentaires ci-dessous.
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